Ecritures n° 11 – Repenser les années 1970. Le cas italien

15,00 

  • Coordination éditoriale de Christophe Mileschi, Elisa Santalena
  • Langue : Français
  • 224 Pages
  • ISBN : 978-2-84016-351-0
  • Date de publication : 2020

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Des centaines de milliers de personnes prirent part aux luttes sociales des années 1970 (article de Silvia de Bernardinis), qui investirent tous les secteurs, jusqu’aux prisons (article d’Elisa Santalena), et furent le théâtre d’un formidable foisonnement créatif, artistique, culturel et même législatif (article d’Ugo Russo). Si l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades rouges, qui continue d’alimenter bien des fantasmes (articles de Vladimiro Satta et de Paolo Persichetti), est souvent vu aujourd’hui comme le point d’orgue de cette saison de l’histoire italienne, la violence était dans l’air bien avant son enlèvement: certaines publications ouvrières la revendiquent ouvertement comme instrument politique (article de Marie Thirion), l’éditeur Giangiacomo Feltrinelli organise des réseaux clandestins (article d’Eros Francescangeli), tandis que, soutenue par une partie de l’appareil d’État, l’extrême droite engage par des tueries de masse la « stratégie de la tension » dès la fin des années 1960 (article de Mirco Dondi). Au chapitre de la violence doit aussi figurer celle de la répression policière et juridique qui s’abat sur les militants, y compris sur ceux n’ayant pas fait le choix des armes, ce qui conduira la France à offrir asile aux réfugiés italiens, en vertu de la « doctrine Mitterand » (article de Monica Lanzoni). En Italie, la violence de la répression politique conduit à la naissance de Soccorso Rosso, impulsé entre autres par Franca Rame, qui vise à apporter un soutien aux militants exposés à la persécution judiciaire (article de Guillaume Guidon). Les condamnations prononcées par la justice contre les militants politiques de ces années-là et des années suivantes obéissent souvent à une logique propre: elles sont indexées sur le degré présumé de repentir et sur la volonté de collaboration de l’accusé plutôt que sur la gravité objective de son crime. Il faut le garder à l’esprit quand on songe à un cas ayant défrayé récemment la chronique, celui de Cesare Battisti (article de Serge Quadruppani). On mesure alors le choix qu’ont fait certains militants d’assumer pleinement leur parcours politique, en refusant, au prix de lourdes condamnations, de se repentir, de se dissocier ou de collaborer (telle Barbara Balzerani, qui faisait partie du groupe qui enleva et séquestra Aldo Moro).

Ce numéro est assorti d’une postface de Davide Steccanella, avocat au barreau de Milan (et défenseur de Cesare Battisti).

Informations complémentaires

Poids 0.402 kg
Dimensions 17 × 24.5 cm

Christophe Mileschi et Elisa Santalena, « Années soixante-dix en Italie. Entre politique, recherche historique et mémoire non pacifiée » ;

Silvia De Bernardinis, « Lotta armata. Storia, memoria e paradigma vittimario » ;

Elisa Santalena, « Les révoltes carcérales en 1974 : de la réponse répressive au basculement révolutionnaire » ;

Ugo Russo, « ‘Chiedi a 77 se non sai come si fa’ : punk rock et parodie politique en Émilie-Romagne (1977-1985) » ;

Vladimiro Satta, « Ma le BR no. Riflessioni intorno alle dietrologie del caso Moro » ;

Marie Thirion, « Il discorso antagonista delle riviste operaiste alla soglia degli anni Settanta italiani : espressione e organizzazione della violenza politica » ;

Eros Francescangeli, « Attività clandestine e reti relazionali di Giangiacomo Feltrinelli e dei Gruppi di azione partigiana (1969-1972) » ;

Mirco Dondi, « Piazza Fontana : une longue déclinaison de significations » ;

Monica Lanzoni, « Réfugiés politiques, modes d’emploi » ;

Paolo Persichetti, « Uomo di potere, martire e profeta. La doppia narrazione pubblica della figura di Aldo Moro, prima e dopo il sequestro » ;

Guillaume Guidon, « Entre soutien, ambiguïté et malaise : le Soccorso Rosso face à la violence révolutionnaire des années 1970 » ;

Serge Quadruppani, « Contre la Justice infinie ».

Postface

Davide Staccanella, « Gli anni ’70 in Italia : ‘una storia che il paese deve ancora chiudere con se stesso’ (Rossana Rossanda) ».

Les auteurs

Recensions

A propos de Camarade Lune de Barabara Balzerani